Permettre aux jeunes expatriés du Pacifique de revenir enrichir leur Fenua, l’ambition des Vahine Tea et Marushka – Présentation de WeAreTumu

Si la Polynésie Française est indéniablement un paradis sur terre, elle peux également ressembler parfois à une prison dorée pour ses jeunes les plus dynamiques et ambitieux.

En effet, pour les 250 000 âmes dispersées sur un territoire étendu comme l’Europe, les effets combinés d’une économie largement sous perfusion de l’extérieur, associés aux difficultés propres à l’isolement et à l’éloignement,  peuvent parfois faire office de barrière de corail à laquelle se confronte les ambitions de la jeunesse Polynésienne.

Ainsi, pour les enfants du Fenua souhaitant s’épanouir dans des filières autres que  le tourisme, le commerce ou la perliculture, la nécessité de l’expatriation s’impose rapidement.

Expatriation pour les études dans un premier temps, au regard du peu de formation de 3ème cycle existant ici, puis expatriation de fait lorsque les premières opportunités professionnelles se présentent, évidemment, le plus souvent sur les terres d’accueil de nos jeunes pousses les plus prometteuses: Australie, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis…

Les habitants du Pacifique Insulaire ont une culture millénaire du voyage et de la découverte. Les Polynésiens, plus que tout autres peuples ont démontré dans l’histoire leur capacité à quitter leur fenua (« maison« ), trouvant le courage de laisser leurs terres natales derrière eux, en échange de la promesse d’un avenir incertain fait de découverte et d’aventures!

Si les anciens pouvaient parfois s’engager dans des voyages sans retour, notre génération fort heureusement est en mesure de choisir des voies moins radicales!

Pour autant, les habitants de nos îles, ici plus qu’ailleurs, conservent ce feu sacré du voyage.

 

« Les Polynésiens sont à juste titre réputés pour leur tempérament d’explorateurs et se projettent dans l’innovation, tout en gardant le regard tourné vers leur “Fenua” (“la maison”). La jeune génération est cependant contrainte à l’exil afin de mener carrière dans d’autres branches que l’accueil de touristes et la récolte de coprah. On retrouve ces jeunes polynésiens en Australie, aux Etats-Unis, au Canada, où certains œuvrent d’ailleurs dans les nouvelles technologies. » – Tahiti, future capitale mondiale des ICO

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La version 1.0 de l’expatriation: La pirogue traditionnelle Fa’afaite

De la difficulté du retour

Le plus souvent, une expatriation n’est pas une fuite, mais la poursuite d’un avenir meilleur. Cette définition est propre à chacun, cependant s’agissant de la Polynésie, c’est bien l’absence de filière de formation, et un marché du travail atone (quoi qu’en amélioration ces dernières années), qui représentent les facteurs principaux de la décision du départ.

Première conséquence mécanique: le pays se prive de ses ressources les plus vitales, la partie la plus dynamique de sa jeunesse œuvrant à la construction d’une autre maison, plutôt qu’au renforcement du fare familial.

Par ailleurs, plus le temps passe et plus le retour devient compliqué. Des vies se construisent, des carrières se déroulent, liées à des niveaux de rémunération conséquences de profils de plus en plus spécialisés…. On revient pour les vacances, voir la famille, remettant toujours à « plus tard » une éventuelle décision  de réinstallation..

Enfin, si le phénomène est réel, force et de constater que rien n’existe en Polynésie en terme de structure qui permettrait d’inciter ou de faciliter le retour des expatriés….

On pourrait d’ailleurs débattre sur cette carence, rapportée au budget annuel de 1.8 milliards de francs, accordé à Tahiti Tourisme à la promotion de notre destination  (environ 15 millions d’euros).

Serait-il si scandaleux de  consacrer ne serais-ce que 10% de cette somme,  à un sujet aussi stratégique et central pour la Polynésie de demain ? 

Cet argent intelligemment investi afin de faire « revenir » nos jeunes, serait-il gaspillé au regard des sommes dépensées pour faire simplement « venir » quelques semaines nos touristes ?

Imaginons quelles pourraient être les conséquences sur l’économie et la société de notre petit territoire, du retour de centaines de jeunes professionnels, maîtrisant les codes et langages internationaux.

Les ambitions de WeAreTumu

Tumu, c’est pour l’heure une plateforme (WeAreTumu) en développement, que vous trouverez ici

Tumu, c’est surtout la volonté de concrétiser une idée simple: permettre aux expatriés insulaires de disposer des meilleurs outils possibles afin de permettre à ceux qui le souhaitent, un retour dans les meilleurs conditions, sans avoir à sacrifier dans l’opération leurs ambitions personnelles et professionnelles!

Tumu a germé dans l’esprit des vahine Matatea Changuy, et Marushka Hirshon

« Mon nom est Matatea Changuy. Je suis Polynésienne et expatriée depuis 13 ans.
Ma curiosité et ma soif d’apprendre m’ont poussé à quitter mon île. Au cours de ces 10 dernières années, je me suis dépassée et j’ai réalisé mes rêves les plus fous.
Aujourd’hui, je ressens une gratitude immense et un besoin essentiel de rendre à mon pays.
Ce que je souhaite plus que tout c’est de contribuer à la réalisation de la Polynésie et des polynésiens tout comme ils ont contribué à la mienne.
C’est ainsi que je me suis missionnée pour mobiliser nos expatriés et les engager dans le développement de notre fenua, car c’est uniquement une Polynésie unifiée, diverse et riche en perspectives, qui pourra à son tour, réaliser ses rêves les plus fous. »

Actuellement en développement, Tumu procède à une collecte d’informations, véritable recensement des populations du Pacifique Sud expatriées à travers le monde.

Cette entreprise n’a rien d’aisé! En effet, aucune données précise n’existe sur un sujet par nature fluctuant.  C’est ainsi par le bais du réseautage, du bouche-à-oreille et d’une forme de porte-à-porte 2.0, que la plateforme agrégera progressivement les éléments qui permettront de mieux définir les besoins et les attentes.

Si Tumu s’adresse à toutes les populations insulaires du Pacifique, concentrons nous un instant sur notre Fenua!

Hasard du calendrier ou signe du destin, l’ISPF (l’institut de la statistique Polynésienne) vient de publier une importante étude. Celle-ci établit un panorama général des jeunes polynésiens revenus au Fenua pour le travail.

« On a le plus beau paradis, une île magnifique, une culture extraordinaire. Au quotidien, c’est vraiment un plus« . Raimana, étudiant de retour d’Australie

L’ISPF indique ainsi que les polynésiens qui s’expatrient retrouvent plus facilement un emploi à leur retour

Matatea et Marushka, emblématiques vahine de la diaspora des îles

Les deux vahine polynésiennes derrière WeAreTumu incarnent parfaitement cette communauté des expatriés insulaires, mêlant success story et mal du pays!

Matatea Changuy

Sino-polynésienne née et ayant grandi à Tahiti, Téa est une ancienne élève de l’Université d’Oxford , de l’Université d’Auckland et de l’Universidad Católica de Chile (échange universitaire). Elle est trilingue (français, anglais et espagnol), possède des compétences linguistiques en japonais et a une formation interdisciplinaire en études asiatiques et latino-américaines avec un accent mis sur la gouvernance des ressources naturelles.

Téa a vécu, travaillé et étudié sur quatre continents différents et s’épanouit dans un environnement collaboratif, multiculturel et intellectuellement stimulant.

Après avoir œuvré dans la Silicon Valley pendant 5 ans, Téa a récemment déménagé à Los Angeles, CA, où elle a fondé Space2Leap.

Marushka Hirshon

Marushka Hirshon est une « Américano-tahitienne », fondatrice d’ONG, stratégiste et journaliste free lance, qui ambitionne d’offrir aux communautés autochtones et insulaires du Pacifique (polynésiennes, micronésiennes et mélanésiennes) les moyens d’agir. Elle est la fondatrice de South Pacific Islander Organization et co-fondatrice de KULTURA.

Marushka a fait l’objet d’un portrait dans la presse locale: « Marushka Hirshon, une vahine à Stanford »

Quoi faire pour aider au projet?

Déjà, en parler autour de vous!

Nous avons tous dans notre entourage, nos relations, nos réseaux sociaux, des connaissances qui pourraient être concernées à divers titres par ce qu’essaye de mette en place Tumu. Passons le mot et faisons en sorte que le formulaire disponible sur le site de pré-lancement collecte le plus de contacts possible

Et si vous avez dans votre zone d’action des décisionnaires associatifs ou politiques, des entreprises ou des administrations qui pourraient tirer avantages/apporter de l’aide, n’hésitez pas! Ce type de démarche, désintéressée par nature, se nourrit de toutes les bonnes volontés!

WeAreTumu! 

 

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