Tahiti, Place mondiale des ICO…parions sur 2020 ? ;-)

Nota: cet article a été initialement publié le 1er mai 2018, sur le site du Journal du coin sous le titre « Tahiti, future capitale mondiale des ICO ? »

Si quelques évolutions notables sont à relever (allant plutôt dans le bon sens d’ailleurs, tel la publication du rapport  Landeau ou l’annonce du passage de la loi PACTE pour le numérique devant l’assemblée en septembre prochain (incluant des dispositions ICO-Friendly), mes certitudes concernant la pertinence de la Polynésie française sur le sujet demeure inchangées.

Au delà des intentions et des fantasmes, cette hypothèse ne saurait devenir crédible, puis seulement envisageable sans un plan structuré et piloté,  à la fois en coordination avec les acteurs locaux du numérique polynésien, une adhésion réelle du monde des entrepreneurs locaux (et pas seulement les « start-uppers » d’ailleurs), mais aussi plus largement de la population Polynésienne.

De manière plus structurelle (et la problématique devra aussi impérativement être prise à bras-le-corps par la France pour atteindre les objectifs ambitieux qu’elle s’est fixé) c’est qu’un cadre aussi incitatif soit-il, facilitant l’installation « d’entreprise blockchain », est voué à l’échec sans un cadre fiscal souple et des partenaires bancaires jouant le jeu.

Or pour l’heure, Bercy brille pas son silence et par son incapacité à communiquer une position claire sur le sujet. Quand aux banques…. et bien, demandez à un taxi ce qu’il pense de Uber, et vous aurez une vision correcte de leur bonne volonté actuelle !

Ainsi – et c’est valable en Polynésie Française au même titre que pour tout territoire un minimum administré qui envisage de « prendre le train des ICO  » – les facteurs de réussite passent par l’activation successive ou simultanée de plusieurs mécaniques:

  • Une volonté politique, entretenue par une vision claire et dépassionnée du sujet. Le domaine de la blockchain (et sa partie la plus visible, les crypto-actifs ou cryptomonnaies) est encore entouré d’une aura de mystère (générant la méfiance), voire d’une authentique mauvaise réputation, sur fond de cliché concernant le bitcoin, monnaie de terroriste et d’évadés fiscaux (spoiler; pas du tout).
  • Inspiré de démarches similaires ayant déjà abouti à l’international (Pologne, Iles Bermudes Papouasie Nouvelle Guinée, Roumanie..) procéder à un travail  de mise au clair législatif en amont permettant de déterminer quels sont les équilibres concernant les compétences Etat/Territoire et de détecter les potentiels points de fragilité en la matière.
  • Déterminer et borner à la fois le cadre fiscal a appliquer (ou à créer) tout en recherchant les partenariat financiers et bancaires (il s’agit probablement là du principal écueil ici, comme ailleurs, or une société sans compte bancaire est une société morte-née).
  • Définir et chiffrer une taxe spécifique, véritable contrepartie à une forme de « Visa d’excellence » (« Polynésian ICO Approved »)
  • Borner cet agrément, pour lequel, précisément des dizaines d’ICO seraient prêtes à venir s’implanter en Polynésie. Imaginez bien que dans cette dynamique, l’altruisme ou l’éthique ne rentrent pas en ligne de compte. Une start-up en pleine levée de fonds dans le cadre de son ICO à besoin de CREDIBILITE pour attirer à elle ses investisseurs, dans un secteur qu’on qualifie souvent de « Far West » et où pullulent les escroqueries et l’incompétence.  A ce titre, c’est avec joie que n’importe quelle ICO échangera quelques % de sa levée de fonds contre le formidable sésame que lui accorderait la 5ème économie du monde !
  • Inclure les organisations professionnelles, patronales, syndicales, les associations et l’enseignement, afin de sensibiliser aux potentielles évolutions économiques et technologiques induites (nouvelles branches d’activités, besoin en formation et compétences, etc.). La blockchain va dans un avenir proche, révolutionner nombre d’aspects du quotidien de chacun. Par ailleurs ces technologies sont intrinsèquement liées à des valeurs de transparence, de distribution, de décentralisation, qui sont de nature à remettre l’individu au centre du jeu, lui redonnant le contrôle sur de nombreux aspects de son existence (ses data par exemple, pour évoquer un sujet essentiel). Il est donc indispensable que la population soient associée au mieux et au plus tôt à l’ensemble de ces évolutions, par le biais d’ateliers, de sensibilisation, de pédagogie.

Les chantiers sont nombreux et impliquent aussi une forme d’engagement qui peux sembler effrayant ou inciter à la méfiance (« encore du blanchiment d’argent », « ce sera encore les mêmes qui en profiteront », « c’est une mode qui passera », « on a jamais fais ça »).

Pour autant, paradoxalement, la mise en place intégrale d’un cadre adapté à l’accueil des futures ICO est d’un confondante simplicité: pas de structure industrielle lourde à mettre en place, inutilité des « études préalables », « d’impact » et autres démarches renvoyant le moindre projet aux calendes Grecques.

Cet article est mis à jour le 24 juillet 2018.

Rendez-vous en juillet 2020, nous vérifierons alors si le bitcoin a bien atteint (comme prévu!) les 50 000 $ et dans quelles conditions la Polynésie Française sera devenue « the place to be » pour les ICO du moment !

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Quand on pense “Tahiti”, des images de vahiné et de perles noires se mélangent à des senteurs de monoï et de fleurs de tiaré… Rouvrez les yeux, vous êtes toujours dans votre bureau et Windows vient de planter.

 

Tahiti ICO

Et si dans peu de temps, l’évocation de Tahiti (et de la Polynésie française, grande comme l’Europe, et dont l’île de Tahiti ne représente qu’une petite partie), renvoyait aussi et surtout à l’émergence et au dynamisme d’une “Tech-Island”, soutenant la comparaison avec la Silicon Valley, ou les start-up nations comme Singapour ?

Et si en plus, cet avenir allait de pair avec une prise en compte des richesses culturelles françaises et polynésiennes, association de valeurs humanistes centenaires et du sens de l’innovation océanien?

Tahiti ICO

Enfonçons quelques portes ouvertes. Si vous lisez ces quelques lignes, vous faites de toute évidence partie des 2% de précurseurs qui perçoivent, non seulement les potentialités de la blockchain, des cryptos et des écosystèmes associés mais mieux encore, qui sentent qu’il ne s’agit pas simplement d’une énième innovation tech ou d’un effet de mode, mais bien de l’amorce d’un carrefour comparable à l’invention de l’imprimerie, de la machine à vapeur, ou d’Internet.

Nous assistons également à une multiplication exponentielle de ce qu’on nomme les ICOs (Initial Coin Offering), dignes héritières des opérations de crowdfunding des années 2000, et version 2.0 des levées de fonds capitalistiques classiques.

Pour la plus grande inquiétude des entités de financement classique, ces nouvelles méthodes de levées de fonds des start-up remportent un succès ahurissant, permettant à de jeunes pousses de lever des dizaines de millions USD en des temps records.

Tout cela, nous en sommes spectateurs. Mais tout démontre à quel point ce phénomène mondial n’a pas non plus échappé aux gouvernants et aux grandes institutions financières.

Vis-à-vis du grand public, lés éléments de langages déployés ces derniers mois par les banquiers, sont d’un grand classicisme : faire peur et se poser en rempart contre les supposés dangers…

Ainsi, Bitcoin, au même titre que de nombreuses autres cryptos, est régulièrement présenté comme une monnaie de terroristes et de blanchisseurs en série.

Peu importe que ces clichés ne tiennent que difficilement devant la réalité des faits (les terroristes préfèrent PaypalWestern Union et Leetchi.com à la volatilité du Dash… et 99% du blanchiment international passe par le dollar).

Tahiti ICO
Je propose que nous interdisions ce dangereux vecteur de financement du terrorisme, qui n’est adossé à aucune valeur tangible !

Sous l’angle de ce qui nous est présenté comme la nécessaire protection des investisseurs, les banques mettent en garde, “informent” et à l’occasion interdisent ! Il ne s’agirait pas que les investisseurs perdent leurs précieuses économies dans des produits risqués !

Alors bien sûr, si vous êtes un minimum informé, cet “argument” ne manque pas de saveur… (coucou les crises financières diverses et variées du 20ème siècle, jusqu’à celle des subprimes qui aboutiront au renflouement des banques sur fonds publics et à l’apparition…du bitcoin !).

Si les banques jouent une partie perdue d’avance, plusieurs États à travers le Monde ont cependant commencé à discerner à quel point il pouvait être déterminant pour l’avenir de se positionner dès maintenant sur le sujet, tant celui-ci pouvait induire des retombées économiques, mais également géopolitiques et sociales.

Dans cette démarche, lesdites nations ne sont pas nécessairement poussées par des motifs humanistes.

En effet, si nous percevons que la blockchain, au-delà de l’innovation technologique qu’elle représente, est intrinsèquement porteuse de “valeur”: décentralisation, transparence, transversalité, les États sont plus terre-à-terre. Les ICO représentent une manne financière colossale, en constante augmentation: 96 millions USD en 2016, 4 milliards USD en 2017 et ce montant est déjà dépassé pour 2018.

C’est donc actuellement la bousculade pour savoir qui déroulera le plus beau de ses tapis rouges (et la plus légère de ses taxations) afin d’attirer les pépites de demain :

And what about France ?

Un gouvernement clairement plus tech-friendly que ses prédécesseurs, ainsi que plusieurs choix d’orientation stratégique récents (on pense au plan Intelligence Artificielle d’1.5 milliard d’euros) permettent d’être optimiste concernant les capacités de la France à se positionner nettement en tête sur le sujet.

Tahiti ICO

Le Ministre des Finances Bruno Lemaire a formulé le souhait que “Paris devienne la capitale des ICO”, rappelant que la France ne saurait rater le virage de la blockchain, au risque de se faire distancer par la concurrence internationale.

Les toutes récentes décisions du Conseil d’État allégeant la fiscalité en matière de trading de cryptomonnaies (ou plutôt “cryptoactifs” selon la terminologie officielle), vont également dans le bon sens.

Cependant, 2 caractéristiques propres à notre beau pays demeure: une fiscalité effrayante, doublée d’un amour immodéré pour les formalités administratives lourdes et sans-fin…

Ainsi, même avec la meilleure des volontés, le chemin permettant de faire de la France un “hub” mondial des ICO s’annonce long et sinueux.

Et pourtant, il existe bien un territoire français, à la fiscalité allégée, où les formalités sont moins complexes (et peuvent le devenir moins encore) et qui présente toutes les qualités pour devenir un leader du secteur.

La Polynésie Française, simple, évident, génial.

La Polynésie Française présente une série de caractéristiques qui la propulse au rang de challenger sérieux pour devenir une capitale mondiale des ICOs, et d’une manière générale, pour les secteurs FinTech.

Tahiti ICO
Se sacrifier pour l’amour de la blockchain

Pour le plus grand bonheur des investisseurs:

  • Économiquement et structurellement stable, notamment grâce à ses liens avec la France. Justice et sécurité sont aux meilleurs standards mondiaux.
  • Un statut d’autonomie particulier depuis 2004. Le territoire jouit d’importants pouvoirs concernant le réglementaire et le fiscal. Le gouvernement peux ainsi promulguer des “Lois de Pays” à destination des investisseurs. Pour le moment, ces outils sont essentiellement utilisés par la Chine.
  • Une fiscalité douce, pas d’impôt sur le revenu, imposition des entreprises inférieure à la moyenne (il s’agit du pendant du peu d’aides sociales existantes).
  • Ces 2 dernières années, de nombreuses start-ups sont nées ou se sont installées à Tahiti, attirées par les infrastructures locales (une Direction Générale de l’Economie Numérique — DGEN proactive, des incubateurs locaux, des formations N-tech, tel Poly3D… ), ainsi que l’exploitation des potentialités du “follow the sun” (à Tahiti, on travaille pendant que tout le monde dort). La société Blue Frontiers est emblématique de ce mouvement de fond. Cette start-up, basée à Singapour, serait heureuse de s’installer en Polynésie, territoire naturel pour développer ses projets.
  • La connectivité Internet via le câble sous-marin Gondwana est moderne (et sera fiabilisée un peu plus encore avec le deuxième câble, fin-2018).

Une opportunité économique inédite pour la Polynésie.

A l’issue de la crise économique mondiale des subprimes (encore merci les banques… ), la Polynésie a connu 10 ans de marasme.

Tahiti-ICO

Aujourd’hui encore, le taux de chômage des jeunes reste élevé et les perspectives de carrière bien peu attrayantes…Pour autant, les fondamentaux redeviennent sains (taux de croissance, dette publique… ); et une certaine stabilité politique permet d’avoir confiance en l’avenir.

Cependant les sources de revenus emblématiques (exportation de perles noires, de monoï, tourisme, pour ne citer que les principales) sont mécaniquement limitées par l’enclavement et l’éloignement de ces îles paradisiaques perdues au milieu du Pacifique.

Les Polynésiens sont à juste titre réputés pour leur tempérament d’explorateurs et se projettent dans l’innovation, tout en gardant le regard tourné vers leur “Fenua” (“la maison”). La jeune génération est cependant contrainte à l’exil afin de mener carrière dans d’autres branches que l’accueil de touristes et la récolte de coprah. On retrouve ces jeunes polynésiens en Australie, aux Etats-Unis, au Canada, où certains œuvrent d’ailleurs dans les nouvelles technologies.

Mettre en place en Polynésie un cadre propice à l’organisation d’ICOs serait d’une simplicité enfantine (nul besoin d’infrastructures lourdes, d’investissements coûteux… ) et comblerait une demande récurrente émanant de centaines d’organisateurs d’ICOs à travers le monde.

Les organisateurs d’ICOs en recherche de crédibilité.

Le temps est à la régulation et à la volonté des autorités d’imposer des standards et des cadres.

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Ça tombe bien: les ICOs sérieuses sont également en forte demande de cadres nouveaux permettant aux projets sérieux de se démarquer de la trop large proportion d’escroqueries actuelle (on rappellera que des chiffres alarmants circulent évoquant un effrayant taux d’escroquerie/faillite/échec de près de 80% dans le domaine en 2017). À ce titre, nombreuses sont les sociétés prêtes à concéder une partie de leur liberté d’action et de leurs bénéfices, en contrepartie d’une légitimité internationale.

La mise en place d’un contexte propice aux ICOs en Polynésie serait d’une confondante facilité et aurait nombre de répercussions positives, à la fois sur l’économie et la place du Territoire dans le Monde, mais également sur le rayonnement français dans la région (notre mère patrie est très présente dans le Pacifique Sud avec la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, et Wallis et Futuna).

Après la “French Tech”, pourquoi pas le label “French ICO”?

Fiscalité cryptomonnaies

Au-delà des retombées fiscales évidentes (on rappellera qu’en 2018, entre 3 et 8 ICOs nouvelles apparaissent chaque jour), une des conséquences immédiates localement sera l’apparition d’un nouveau secteur économique structuré autour de l’accueil et de l’assistance aux ICOs : fiscalistes, cabinets de conseil, assistance administrative…Sans compter les projets qui pourront se développer directement en Polynésie et y devenir pérennes.

La mise en place d’un “parcours d’immatriculation”, structuré autour d’étapes administratives, bancaires et fiscales, à la fois souples et rigoureuses, serait de nature à permettre une certification “French ICO”, propre à garantir le sérieux du projet et rassurer les investisseurs (adieu les ICOs aux “teams” fantômes et aux white papers contrefaits !).

Des résultats immédiats

Dans le petit monde de la blockchain, (quelques centaines d’influenceurs et de leaders, suivis religieusement par la communauté ), Tahiti tient déjà une place à part.

Tahiti-ICO

Nombre d’investisseurs de la Silicon Valley apprécient de passer du temps en Polynésie (on les comprend!), et ces 2 dernières années ont ainsi vu beaucoup de membres de cette communauté s’intéresser de plus près au Fenua.

Cet intérêt s’est notamment cristallisé autour d’un projet d’îles flottantes I-Tech, et plus particulièrement de son architecture blockchain, associée au token Varyon. Ce projet à lui seul a généré un focus international qu’il serait dommage de ne pas valoriser.

Dans ce domaine où tout le monde se connait, et où “la hype” peux signer le succès triomphal d’un projet ou sa relégation en division d’honneur, un tweet de Vitalik Buterin vaut une campagne de com’ à plusieurs millions de dollars…

Tahiti ICOSur ce sujet, quelques décisions tactiques et aménagements réglementaires, fruit d’un minimum de coordination entre Paris et Papeete, une communication efficace de notre Président et Start-upper en chef, pourraient être suffisants pour enclencher une mécanique, aboutissant en quelques mois, à l’organisation des premières ICOs polynésiennes !

Enfin, pour les entrepreneurs métropolitains, quelle opportunité hors du commun que de pouvoir venir s’immerger dans un secteur en pleine effervescence, tout en bénéficiant de l’environnement paradisiaque de la Polynésie!

Paradoxalement, c’est peut-être en prenant 15 000 kms de recul que la France pourra réellement prendre sa juste place dans la révolution mondiale que la blockchain nous promet.

 

 

 

 

 

 

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